Vendredi 10 avril 2009
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Snesoise commence aujourd'hui une rubrique destinée au travail des S1 dans
leurs établissements. Le premier article concerne le lycée Jules Uhry où les personnels réunis dans le cadre de la consultation organisée à la demande du Recteur ont massivement adoptés
la motion suivante, qui doit servir de préambule aux remontées vers le Rectorat:
"Nous ne voulons pas des HSE dans le cadre d’une pseudo-contractualisation uniquement destinée à
économiser des moyens ; nous voulons des classes moins chargées (pas plus de 25 élèves), de manière à rendre un travail pédagogique possible.
Nous ne voulons pas remplacer les conseillers d’orientation ; nous voulons qu’ils soient recrutés en nombre suffisant et que soient créées les conditions pour
que leur travail soit vraiment utile à une orientation réussie des élèves.
Nous voulons que le règlement intérieur soit enfin appliqué au Lycée Jules Uhry, notamment en ce qui concerne les aspects « vie scolaire », car
l’amélioration du climat de l’établissement constitue un préalable à tout redressement.
Une école qui marche est une école qui ne maltraite pas ses enseignants et permet un vrai dialogue. La réforme, pour être réussie, ne doit pas remettre
systématiquement en cause leur statut, en annualisant les services par exemple, mais au contraire résorber la précarité et offrir un statut de fonctionnaire à tous les personnels de l’Education
Nationale."
Parmi les participants, plus de soixante signatures. Cinq refus seulement. Cette fois, il sera difficile de dire que les enseignants et non-enseignants de
Jules Uhry soutiennent les réformes du ministre.
Mardi 21 avril 2009
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Jeudi 23 avril 2009
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LETTRE A MES COLLEGUES QUI RAMENT … A JULES UHRY ET AILLEURS…
Chers collègues,
Comme dans beaucoup d’établissements, vous êtes aujourd’hui nombreux dans le nôtre à ramer dans le cadre des dispositifs d’exception qui fleurissent par ces temps difficiles … Vous ramez certes
sans enthousiasme et sans beaucoup d’espoir que votre effort ait un résultat quelconque. Vous ramez parce qu’il faut bien s’accrocher à quelque chose. Et pour les plus naïfs, vous ramez pour
soi-disant défendre l’établissement contre des voisins voraces, les lycéens de Jules Uhry contre les autres, dans le cadre d’une ridicule et malsaine guéguerre entre établissements, que l’on vous
présente comme une garantie de qualité.
Bien sûr, des rameurs il y en a toujours eu : rameurs d’occasion contraints aux heures supplémentaires par quelque revers de fortune, rameurs zélés pressés de se faire remarquer par leur
hiérarchie, rameurs idéalistes aussi, croyant construire un monde meilleur par la seule transformation de l’école… Ce qui change aujourd’hui c’est moins l’ampleur du phénomène que l’incitation
active de la hiérarchie. Ramer serait la nouvelle norme éducative. En dehors, point de salut pour l’enseignant.
Alors les occasions de pagayer se sont multipliées au gré des « descentes » d’inspecteurs. Et aujourd’hui certains parmi vous s’usent en « tuteurant » inutilement, pour forcer le passage d’un
élève de seconde qui n’en a cure tant il est déjà loin de l’école, et qui ne viendra même pas à son rendez-vous. D’autres s’épuisent dans le cadre de multiples reconquêtes, qui ont en commun de
ne jamais s’attaquer aux racines de l’échec. D’autres, plus sérieusement, s’efforcent en atelier de se reconstituer un public de bons élèves, permettant de faire de vrais cours, comme nous en
rêvons tous. Pendant ce temps la galère vogue, sans évaluation sérieuse, dans une gabegie indescriptible d’heures supplémentaires, obtenues par des suppressions de postes d’une ampleur inégalée
et distribuées dans l’opacité la plus complète. Tout cela non seulement compromet le présent, mais aussi l’avenir du service public d’éducation dans notre pays.
Eh bien, sachez-le, chers collègues, bien que vos efforts n’aient pas le moindre impact sur les classes –si ce n’est un alourdissement tout à fait déraisonnable des effectifs- vous ne ramez pas
pour rien. Vous ramez pour qu’un Xavier Darcos puisse présenter vos efforts comme une adhésion à sa politique. Vous ramez pour que le ministre puisse prétendre, comme il vient de le faire il y a
quelques jours, que notre lycée est un établissement volontaire pour expérimenter sa réforme. Vous ramez pour qu’il puisse faire illusion et faire croire aux familles que celle-ci est indolore,
et que la qualité peut remplacer la quantité. Oui, vous ramez pour une réforme que pour la plupart vous n’approuvez pas.
Il y a pourtant une autre voie pour un engagement éventuel. Elle n’est certes pas plus facile, bien au contraire, et celui qui l’emprunte connaît aussi son lot de déconvenues, car il a contre lui
l’esprit du temps. Mais résister a du sens aujourd’hui, quand on s’aperçoit que ceux qui prétendaient être du côté de l’avenir se sont totalement trompés. Les ringards ce sont eux. Ils sont
ringards sur les retraites et la finance, sur les services publics, sur l’emploi… et aussi sur l’école.
« Celui qui rame dans le sens du courant fait seulement rire les crocodiles » disent nos voisins de l’autre côté de la Méditerranée. Et si nous cessions d’amuser
les sauriens de la rue de Grenelle ?
Lucien Klein, S1 lycée Jules UHRY, Creil.
Mardi 5 mai 2009
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Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer
une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau qui encore une fois va surtout profiter aux plus aisés.
D’autant que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée, ces écoles, très cotées étant jusqu'à présent payantes.
En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque
établissement fixe assez librement ses tarifs, qui souvent atteignent des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San
Francisco.
Une réforme d’autant moins nécessaire qu’un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York,
par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour
Sarkozy, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande expresse de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale... quels que
soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.
"
« J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué le président devant la communauté
française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics
français. »
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2
millions d'euros de
revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers
l'étranger. Ces donateurs, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expatriés si l'Etat régale ?
Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie
mais s'est bien gardée d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du "Canard". D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de la maternelle), la
gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an !
Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi
Nicolas Sarkozy s'est-il lancé dans cette aventure ? Parce qu’il cherche à gagner à sa cause ces Français de l’étranger auxquels il propose, dans le cadre d’une autre réforme, d’offrir dix sièges
à l’Assemblée Nationale ? Ou parce qu'il se sent personnellement concerné par la question ? En effet après avoir été annoncé à New York puis à Londres, Louis Sarkozy (le petit dernier)
est finalement inscrit au lycée français de Doha... Il n’y a pas de petites économies.
Jean-François Mopin, S1 Lycée Jules
Uhry, nous fait parvenir ce texte, quelque peu modifié, qui circule sur le net.
Lundi 18 mai 2009
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Il arrive que le Conseil d’Administration joue
pleinement son rôle et ne soit pas seulement une chambre d’enregistrement de la volonté de la hiérarchie. En général, c’est après une longue bataille pour créer un rapport de force, faire
pression sur l’administration pour que la volonté de la « communauté éducative » soit entendue et suivie d’effet. Le simple fait qu’il s’agisse dans le cas présent d’un CA Extraordinaire montre combien cette situation est inhabituelle : ceux qui n’ont que le mot « autonomie » à la bouche la conçoivent comme
strictement encadrée et parfaitement prévisible. C’est dire que la victoire de vendredi, dans laquelle le SNES est pour beaucoup, est exemplaire, non seulement par les deux postes qu’elle
préserve, mais aussi parce qu’elle montre qu’un autre fonctionnement, plus démocratique, des établissements est non seulement nécessaire mais
parfaitement possible.
24 présents au Conseil d'Administration extraordinaire de ce soir vendredi 15 mai
au lycée François Truffaut de Beauvais + un invité (M. L'inspecteur des établissements et vie scolaire qui représentait le Rectorat).
Ce CA avait été demandé par une majorité de membres du CA alors que le Proviseur et le Rectorat avait entériné comme TMRD le projet de répartition proposé par M. Le Proviseur qui avait été refusé par 8 voix contre 7 et 4 abstentions.( Ce projet comportait 4 suppressions de
poste)
J'ai remercié M. Le Proviseur et les autorités rectorales d'avoir enfin répondu à notre demande d'examen de la DGH des professeurs. J'ai souligné qu'il avait fallu se battre pendant 3 mois
-depuis le jeudi 19 février- pour le CA puisse jouer le rôle démocratique qui est le sien et j'ai énuméré tous les efforts qu'il nous avait fallu déployer pour en arriver là. Ensuite David a
présente notre projet de répartition de la DGH, qui ne présentait que deux suppressions de poste. Des questions ont été posées allant dans notre sens. On est passé au vote, que j'avais demandé à
bulletins secrets.
Le résultat a été sans appel :
POUR 19 ; CONTRE 4 ; ABSTENTION 1.
L'inspecteur a conclu en disant "Il s'agit de voir maintenant comment construire cette réponse au niveau réglementaire et juridique": les postes d'anglais et d'italien ont en effet été supprimés
depuis le 19/2. Ce soir, on a exprimé la volonté de les voir vivre. Le Rectorat va t il les rétablir comme le veut la logique ou va t on devoir continuer notre action devant le tribunal
administratif ?
Francis DESCROIZETTE
Secrétaire du S1 du Lycée François Truffaut à Beauvais.
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