"Toute réforme de la formation devrait prendre le temps de rassembler tous les acteurs participant à la formation sur des objectifs communs : les enseignants-chercheurs des
différentes composantes universitaires, les formateurs IUFM, les formateurs de terrain comme les conseillers pédagogiques du second degré, les maîtres formateurs du premier degré, les inspecteurs
de l’éducation nationale, les partenaires de l’école. Ce n’est pas cette réforme que les ministères tentent de mettre en oeuvre. Bien que le master devienne le diplôme nécessaire pour enseigner,
leur objectif n’est pas une meilleure professionnalisation des enseignants pour une relance de la démocratisation, ni même une revalorisation du métier comme ils l’annoncent. Au contraire, c’est
un moyen de modifier en profondeur le recrutement et la formation des enseignants, d’aller vers un désengagement de l’État et une réduction des coûts et du service public."
L'article de C Pontais (SNEP-FSU) et G. Jean (SNESUP-
FSU), paru dans l'Humanité, est ici: http://www.humanite.fr/2009-03-04_Tribune-libre_Enseigner-est-un-metier-qui-s-apprend-et-se-choisit
Par Snes Oise
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Comment réformer les impôts locaux pour réduire -pour les entreprises- la pression fiscale des collectivités territoriales comme on a réduit celle de l’Etat ? C’est la question que se pose dans un « working paper » récent
l’Institut de l’Entreprise, dont les liens avec le Medef sont connus. Car l’ « évolution des compétences et l’augmentation des dépenses qui l’a accompagnée se sont réalisées dans un
cadre institutionnel qui ne prévoit aucun encadrement des dépenses et des taux d’imposition, contrairement à ce qui existe dans de nombreux pays […] Comme les entreprises ne votent pas, seul un
sentiment de responsabilité au regard des conséquences macroéconomiques de leur surimposition peut modérer leur imposition. » Tout est dit.
Après avoir plaidé pour un principe de bonne gouvernance qui « serait d’assurer une correspondance entre le volume du financement fiscal et celui des dépenses discrétionnaires »
(lisez : le pilotage par une fiscalité préalablement asséchée et pas par les besoins des populations) et s’être réjoui des possibilités qu‘offre
l’annonce, par le Président de la République, de la suppression de la taxe professionnelle (« même si un impôt local sur les entreprises
subsiste, il ne doit pas forcément avoir le même rendement»), l’Institut de l’Entreprise y va de ses propositions :
- Au niveau des principes, la régulation
des prélèvements obligatoires locaux par l’Etat : « l’État devrait demeurer l’arbitre et le régulateur, en ce qui concerne la forme et le niveau des prélèvements obligatoires
locaux, mais aussi pour certains aspects des dépenses publiques locales» ; cette recentralisation de fait vise à tenter d’empêcher le cas échéant l’intervention des régions pour contrecarrer
quelque peu les effets les plus néfastes d’une politique gouvernementale destructrice ;
- Pour les ménages, l’instauration d’un
« impôt local sur le revenu proportionnel », de type CSG c’est à dire non progressif et non redistributif, puisqu’un impôt proportionnel maintient en l’état les inégalités de
revenu ;
- Pour les entreprises, la mise en place
d’ « un partage de l’impôt sur les sociétés [entre Etat et collectivités], mais la masse transférée aux collectivités territoriales serait lissée dans le temps.»
Toute autre est évidemment la position du SNES. Si une réforme de la fiscalité locale est en effet nécessaire, celle-ci ne se faire que dans le cadre « d’une réforme globale de la fiscalité
à tous les niveaux : collectivités territoriales, France, Union Européenne », avec une progressivité accrue, de manière à aller vers plus
de justice sociale.
L’intégralité du document de l’Institut de l’Entreprise est ici :
http://www.institut-entreprise.fr/fileadmin/Docs_PDF/travaux_reflexions/Working_paper/WP_28.pdf
Par Snes Oise
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Ci dessous un article de Christophe Godard, paru dans le
bulletin de la CGT éduc action d'avril 2009, qui revient sur la rencontre du 10 mars et sur le récent Congrès de Perpignan.
Extrait: "Depuis, le congrès du SNES a eu lieu, du 23 au 27 mars, à Perpignan et avait à son ordre du jour la
"Rénovation du syndicalisme".
Cette question a été prégnante chez les congressistes. Le SNES a eu un acte fort en débattant de cette question et en votant un texte offensif et sans ambiguïté.
Un passage a suscité beaucoup de débat : "Le nouveau syndicalisme – La FSU doit proposer de le construire à tous nos partenaires réguliers : à la CGT sans laquelle toute perspective d’unification
syndicale serait illusoire et à toutes les forces syndicales qui souhaiteront s’inscrire dans ce processus", et a fait l’objet d’un amendement porté par trois académies visant à supprimer la
référence à la CGT. L’amendement a été rejeté par 145 voix pour, 292 contre et 9 abstentions, soit quasiment les 2/3 du congrès !
Le SNES donne donc un mandat très clair à la FSU pour son congrès. Gageons que notre congrès confédéral donnera, lui aussi, des signes forts."
L'intégralité de l'article est ici:
http://www.webzinemaker.com/admi/m6/page.php3?num_web=27907&rubr=3&id=359703
Par Snes Oise
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Sous la plume de Jacques Bichot, l’Institut Montaigne, « laboratoire d’idées » créé par Claude Bébéar (le même que celui qui préside le comité d’éthique du Medef, chargé
de moraliser les salaires, parachutes et autres parapluies des patrons) dessine aujourd’hui les contours d’une nouvelle réforme des retraites, telle que l’envisage le Medef, en s’appuyant sur
quelques exemples étrangers, dont celui du Chili de Pinochet, dont l’auteur reconnaît néanmoins qu’il n’est peut-être pas transposable en France. Qui sait ?
Les principes en sont simples :
1. Adopter le principe de la contributivité : « les droits à pension doivent être attribués en proportion directe des efforts réalisés pour
préparer les retraites futures. […] Aux personnes qui n’ont pas obtenu suffisamment de droits contributifs pour vivre décemment durant leur vieillesse, la République attribuera, sans interférer avec le système contributif, les secours requis pour échapper à la grande pauvreté. » C’est la fin de toute solidarité horizontale entre
cotisants. « I want my money back ! »
2. Passer d’un système « à prestations définies » à un système « à cotisations définies ». « Nous allons ruiner nos enfants
[…] La formule « cotisations définies » est le moyen le plus naturel pour éviter cette injustice intergénérationnelle ». L’affirmation est sans appel, même si elle ne repose sur rien de
tangible. Elle permet de faire passer une idée simple : alors que jusqu’à présent le système comportait des garanties quant aux pensions, il comporterait désormais des garanties quant à des taux de cotisation limités. Bref un bouclier de plus. « Le Pacte doit être
équitable : la République ne saurait promettre aux actifs d’aujourd’hui qu’ils auront à un âge précoce des pensions confortables ». Nous voilà prévenus.
3. Instaurer la retraite à la carte. « Le nouveau système de retraites par répartition […] est organisé de telle façon que chacun puisse prendre
sa retraite comme il l’entend, à condition que cela ne conduise pas à faire supporter par autrui le coût pécuniaire de ses choix. » Comme si les revenus exorbitants de nos PDG, justifiant
des retraites tout aussi mirifiques, et vraisemblablement précoces, n’avaient pas pour contrepartie la faiblesse des revenus et donc des cotisations des autres. Et pour ceux qui n’auraient pas
compris : « Toute interdiction ou limitation de la perception simultanée d’une pension et d’un revenu d’activité sera supprimée. »
Le système proposé serait unique (les fonctionnaires basculeraient vers le régime général) et devrait être mis en place brutalement : « En
effet, on ne peut envisager de modifier progressivement le système français de retraites par répartition sans risquer de réactiver sans cesse de multiples conflits politiques et
sociaux. »
L’étude est ici :
http://www.institutmontaigne.org/medias/documents/reforme_retraites_vers_un_big_bang.pdf
Par Snes Oise
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C'est un débat qui revient périodiquement: la gratuité des services publics profite-t-elle aux plus riches? Jean
Gadrey, professeur d'économie à l'Université Lille1, nous montre que non.
Extrait: "Le CERC (Conseil de l’Emploi des Revenus et de la Cohésion sociale) a évalué cet écart de dépenses publiques . Selon lui, la dépense publique d’éducation supérieure « par enfant
scolarisable » dont bénéficient en moyenne les 10 % de ménages les plus favorisés est quatre fois supérieure à celle qui revient aux 10% des ménages défavorisés. Cet écart est très (bien trop)
important, et d’ailleurs il serait sans doute un peu supérieur à 4 si des éléments non pris en compte par le CERC faute de données intervenaient .
Pourtant, on ne peut parler de redistribution à l’envers. Car au départ,
l’écart des revenus respectifs des ménages de ces deux groupes est de 1 à 9. Il y a donc « malgré tout », même dans l’enseignement supérieur, un effet de redistribution : en proportion de leurs
revenus, les ménages pauvres reçoivent en moyenne plus que les riches en dépenses publiques d’enseignement supérieur. Si le marché régulait l’accès à cet enseignement en fonction des revenus de
ces deux groupes, les inégalités actuelles, déjà excessives, seraient multipliées par plus de deux !"
L'intégralité de l'article de Jean Gadrey est ici:
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/05/20/la-gratuite-des-services-publics-contre-l%e2%80%99egalite/
Par Snes Oise
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