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Mardi 21 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Les S1 dans leur établissement
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Les indicateurs de réussite des établissements viennent d’être publiés par le ministère. A quoi peuvent-ils servir ? Peut-on leur faire confiance ?

Disons le d’emblée, tout classement effectué sur la base des données brutes (par ex. le taux de réussite) ne signifie pas grand chose : il est plus facile de faire réussir des élèves de bon niveau que des élèves faibles et de ce point de vue les établissements ne sont pas à égalité quant à leur recrutement. « Louis le Grand, 100% de réussite !  Et alors ? »  De ce constat découle la nécessité de tenir compte du niveau des élèves à l’arrivée.

Jusqu’en 2008, celui-ci n’est pas connu ; on l’estime au travers de l’origine sociale. Tout l’édifice statistique repose alors sur l’hypothèse que le niveau de chaque élève est le niveau moyen de sa catégorie sociale, ce qui permet d’établir des résultats attendus auxquels on compare les résultats effectivement constatés. Dans l’absolu, cela autorise:

1. à examiner l’évolution de la composition sociale du recrutement de chaque établissement (ou d’une filière de l’établissement par ex.) au travers de l’évolution des taux attendus ; attention : une amélioration des taux attendus ne signifie pas toujours plus de mixité sociale ; dans un établissement huppé elle correspond au contraire à une sélection sociale plus féroce ;

2. à quantifier l’éviction des élèves les plus faibles que pratiquent certains établissements au travers des taux d’accès au bac de la seconde : un taux d’accès élevé signifie que l’établissement garde ses élèves et les fait réussir, quel que soit le nombre d’années nécessaires pour cela, tandis qu’un taux d’accès faible semble indiquer que le lycée se déleste prématurément de certains élèves (parfois il s’agit d’une politique, mais parfois cela découle simplement de l’absence sur place de telle ou telle filière) ;

3. à évaluer l’efficacité du redoublement par la comparaison entre la proportion de bacheliers parmi les sortants et le taux brut de réussite : plus l’écart est grand et plus le redoublement est une mesure efficace pour faire réussir les élèves en difficulté.

Ce type d’analyse se heurte cependant à deux obstacles considérables.

D’abord tout indique qu’il y a de nombreuses erreurs au niveau de l’enregistrement de l’origine sociale des élèves, ce qui engendre un biais statistique, les erreurs ne touchant pas de manière identique les diverses catégories sociales. On peut même aller plus loin et s’interroger sur la pertinence de la catégorie sociale à traduire, en ces années de crise et de flexibilité, le contexte familial que connaît l’élève (un plombier avec un emploi régulier et un plombier effectuant de temps à autre une mission d’intérim seront dans la même CSP sans que cela signifie, à l’évidence, une situation identique à la maison).

Ensuite, comme l’a bien montré G. Felouzis, dès lors qu’il y a concurrence entre établissements, et parce que dans ce cas les meilleurs élèves de chaque catégorie sociale ont tendance à aller dans le « meilleur » établissement (ce qui contredit notre hypothèse que chaque élève a le niveau moyen de sa catégorie), les difficultés des établissements mal classés sont systématiquement sous-évaluées.

Seul le recoupement avec d’autres indicateurs –qui pour la plupart des établissements n’existent pas- permettrait d’accorder un peu de crédibilité à ces données.

Depuis cette année cependant, le niveau des élèves est connu au moyen des notes obtenues aux épreuves écrites du brevet. Dès lors le « biais Felouzis » disparaît, sans que l’on puisse pour autant totalement faire abstraction de l’origine sociale des élèves. En effet les déterminismes sociaux n’épuisent pas leurs effets avec le niveau à l’arrivée, mais continuent à peser sur la scolarité de l’élève tout au long de son parcours dans l’établissement. L’incertitude concernant l’origine sociale, et le biais systématique qui l’affecte, continuent donc de fausser les résultats. On peut d’ailleurs regretter que le MEN n’ait pas choisi de publier cette année les deux indicateurs, l’ancien et le nouveau, ce qui empêche toute comparaison dans le temps d’une part, toute estimation de l’effet Felouzis d’autre part.

En définitive, à quoi servent ces indicateurs de réussite. La réponse est sidérante : à rien ! Puisque le MEN n’en tire aucune conclusion en termes de moyens attribués, contrairement aux engagements du ministre de conserver aux établissements connaissant des difficultés leurs moyens. L’absence de toute politique correctrice n’empêche cependant pas ces indicateurs –et les classements qui en découlent- d’encourager les comportements consuméristes et les stratégies d’évitement des familles, et finalement d’accroître la ghettoïsation des établissements en difficulté..

Un dernier mot à propos de la notion de « valeur ajoutée » des établissements abusivement copiée sur le modèle de l’entreprise pour mesurer un « effet établissement » qui est un véritable fourre-tout, où se retrouve tout ce que l’établissement a de spécifique : les locaux, la taille de l’établissement, la compétence de la direction, l’existence d’une filière post-bac solide (on connaît l’effet positif d’une CPGE dans l’établissement), la sollicitude du Rectorat, etc. Pas grand chose à voir avec un quelconque degré d’engagement des personnels. C’est pourquoi les raccourcis de certains proviseurs zélés (« Je ne peux pas vous donner une meilleure note administrative au regard des résultats de l’établissement ») doivent être absolument récusés.

Dimanche 12 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Les rouages de l'institution
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Snesoise commence aujourd'hui une rubrique destinée au travail des S1 dans leurs établissements. Le premier article concerne le lycée Jules Uhry où les personnels réunis dans le cadre de la consultation organisée à la demande du Recteur ont massivement adoptés la motion suivante, qui doit servir de préambule aux remontées vers le Rectorat:

"Nous ne voulons pas des HSE dans le cadre d’une pseudo-contractualisation uniquement destinée à économiser des moyens ; nous voulons des classes moins chargées (pas plus de 25 élèves), de manière à rendre un travail pédagogique possible.

Nous ne voulons pas remplacer les conseillers d’orientation ; nous voulons qu’ils soient recrutés en nombre suffisant et que soient créées les conditions pour que leur travail soit vraiment utile à une orientation réussie des élèves.

Nous voulons que le règlement intérieur soit enfin appliqué au Lycée Jules Uhry, notamment en ce qui concerne les aspects « vie scolaire », car l’amélioration du climat de l’établissement constitue un préalable à tout redressement.

Une école qui marche est une école qui ne maltraite pas ses enseignants et permet un vrai dialogue. La réforme, pour être réussie, ne doit pas remettre systématiquement en cause leur statut, en annualisant les services par exemple, mais au contraire résorber la précarité et offrir un statut de fonctionnaire à tous les personnels de l’Education Nationale."


Parmi les participants, plus de soixante signatures. Cinq refus seulement. Cette fois, il sera difficile de dire que les enseignants et non-enseignants de Jules Uhry soutiennent les réformes du ministre.


Vendredi 10 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Les S1 dans leur établissement
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Comment réformer les impôts locaux pour réduire -pour les entreprises- la pression  fiscale des collectivités territoriales comme on a réduit celle de l’Etat ? C’est la question que se pose dans un « working paper » récent l’Institut de l’Entreprise, dont les liens avec le Medef sont connus. Car l’ « évolution des compétences et l’augmentation des dépenses qui l’a accompagnée se sont réalisées dans un cadre institutionnel qui ne prévoit aucun encadrement des dépenses et des taux d’imposition, contrairement à ce qui existe dans de nombreux pays […] Comme les entreprises ne votent pas, seul un sentiment de responsabilité au regard des conséquences macroéconomiques de leur surimposition peut modérer leur imposition. » Tout est dit.

Après avoir plaidé pour un principe de bonne gouvernance qui « serait d’assurer une correspondance entre le volume du financement fiscal et celui des dépenses discrétionnaires » (lisez : le pilotage par une fiscalité préalablement asséchée et pas par les besoins des populations) et  s’être réjoui des possibilités qu‘offre l’annonce, par le Président de la République, de la suppression de la taxe professionnelle  (« même si un impôt local sur les entreprises subsiste, il ne doit pas forcément avoir le même rendement»), l’Institut de l’Entreprise y va de ses propositions :


-      
Au niveau des principes, la régulation des prélèvements obligatoires locaux par l’Etat : « l’État devrait demeurer l’arbitre et le régulateur, en ce qui concerne la forme et le niveau des prélèvements obligatoires locaux, mais aussi pour certains aspects des dépenses publiques locales» ; cette recentralisation de fait vise à tenter d’empêcher le cas échéant l’intervention des régions pour contrecarrer quelque peu les effets les plus néfastes d’une politique gouvernementale destructrice ;


-      
Pour les ménages, l’instauration d’un « impôt local sur le revenu proportionnel », de type CSG c’est à dire non progressif et non redistributif, puisqu’un impôt proportionnel maintient en l’état les inégalités de revenu ;


-      
Pour les entreprises, la mise en place d’ « un partage de l’impôt sur les sociétés [entre Etat et collectivités], mais la masse transférée aux collectivités territoriales serait lissée dans le temps.»


Toute autre est évidemment la position du SNES. Si une réforme de la fiscalité locale est en effet nécessaire, celle-ci ne se faire que dans le cadre « d’une réforme globale de la fiscalité à tous les niveaux :  collectivités territoriales, France, Union Européenne », avec une progressivité accrue, de manière à aller vers plus de justice sociale.
 

L’intégralité du document de l’Institut de l’Entreprise est ici :

 http://www.institut-entreprise.fr/fileadmin/Docs_PDF/travaux_reflexions/Working_paper/WP_28.pdf

 

Dimanche 5 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Bonnes feuilles
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  De la légitimité du thème 3…


Syndicat d’enseignants, le SNES peut-il avoir une parole légitime pour parler de la Poste, du service public de santé  et de la politique énergétique, ou doit-il s’effacer devant la FSU ? Tel fut chronologiquement le premier débat mené en réunion plénière, et il s’acheva sans équivoque aucune. Même si les débats furent longs, il ne fut pas très difficile de montrer que de toute manière le SNES intervenait déjà sur ces aspects au sein de la FSU, et que la vraie question consistait à choisir entre une intervention sans mandat des syndiqués d’une part et un mandatement clair -et donc compatible avec un fonctionnement démocratique- d’autre part.


Une fois le repliement frileux sur des positions exclusivement catégorielles rejeté, la discussion put reprendre sur le fond. La quasi-totalité des mandats de la délégation d’Amiens fut intégrée sous une forme ou une autre dans le texte final, notamment à propos de la création d’une allocation d’autonomie en faveur des jeunes.


Mais les débats montrèrent aussi que sur bien des questions le SNES avait pris du retard et que la réflexion devait se poursuivre en vue du prochain congrès. C’était en particulier vrai sur les réponses à la crise climatique ou en matière de financement des nouvelles missions des services publics, où le congrès se montra quelque peu  timide ou prudent, selon le point de vue que l’on adopte. Il faudra aller plus loin, d’autant que ces questions auront à être débattues au niveau fédéral et avec les autres partenaires du mouvement syndical, avec lesquels des convergences devront être trouvées. Ainsi ce Congrès de Perpignan qui s’achève aujourd’hui apparaît-il par bien des aspects comme celui d'une transition vers un nouveau départ.


Lucien KLEIN.

Vendredi 3 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Actualité - Mobilisation
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Le thème 4 vu par le petit bout de la lorgnette…


Dans l’académie d’Amiens, nous avons entamé la réflexion sur l’avenir du syndicalisme depuis au moins 2003… mais nous ignorions où en était la réflexion sur ce sujet dans les autres régions.  Par prudence, nous avions proposé au débat national une version « gentille » de la position adoptée par notre dernier congrès académique. Nous nous sommes vite rendus compte lors des débats en commission que nous avions été trop timides !


Etape suivante : le débat général. Comment l’ensemble du congrès allait-il réagir ? A l’écoute de plusieurs interventions, nous pouvions craindre un vote très serré … Là encore, divine surprise ! Le congrès a adopté à une très large majorité  la démarche que nous (et d’autres !) proposions. Pour autant, il ne faut pas s’emballer… Nous n’en sommes qu’au commencement du début du commencement d’un possible processus d’unification !


Christian MAX.


Article paru sur le site de l'HUMANITÉ du 30 mars 2009,

Le SNES milite pour un syndicalisme unifié

Congrès . Le SNES demande à la FSU d’engager un processus de rapprochement avec la CGT et tous les autres syndicats qui le souhaitent, dans une perspective d’unification.

Perpignan (Pyrénées-Orientales), envoyé spécial.


Réuni en congrès, la semaine dernière à Perpignan, le SNES, syndicat national du second degré, affilié à la FSU, a décidé de poser les questions de l’avenir de la Fédération syndicale unifiée « en termes d’orientation et de perspectives pour le syndicalisme et non en termes de préservation de l’appareil ». Crise, riposte intersyndicale et mobilisations unitaires, faiblesse de la syndicalisation des salariés, nouvelles règles de représentativité… tous les syndicats français sont confrontés à ces questions cruciales et savent que le paysage syndical en sera nécessairement bouleversé dans les prochaines années. La FSU, née en 1994 de syndicats exclus de la Fédération de l’éducation nationale, notamment le SNES et de militants des courants de pensée « unité et action » et « école émancipée » d’autres syndicats de la FEN, est très vite devenue le premier syndicat dans l’éducation nationale et dans la fonction publique d’État. En 2004, la fédération avait décidé son élargissement à tous les secteurs de la fonction publique. Avec un bilan mitigé : elle n’a pas gagné, dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, la représentativité qu’elle escomptait. Pour la FSU, les perspectives de devenir une nouvelle confédération syndicale, ou de s’élargir à l’ensemble de la fonction publique, semblent aujourd’hui abandonnées. Et l’autonomie d’un syndicalisme enseignant est elle-même en question.


prendre des initiatives communes


Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du SNES, estime que la FSU, qui mène un travail intersyndical avec la CGT et Solidaires pour la défense des services publics notamment, doit aujourd’hui aller « au-delà et prendre des initiatives concrètes de travail en commun, susceptibles de contribuer aux nécessaires rapprochements d’organisations ». Travail commun et prises de positions communes qui devraient être rendus publics, auxquels les syndiqués devraient être appelés à contribuer. La FSU pourrait ainsi travailler à l’unification syndicale sur la base d’une conception d’un syndicalisme de transformation sociale et de lutte. Elle devrait proposer de construire ce nouveau syndicalisme « à la CGT, sans laquelle toute perspective d’unification serait illusoire, et à toutes les forces syndicales » qui le souhaiteront. Cette affirmation, inscrite dans le texte du congrès, a provoqué un large débat. Lionel Millot, responsable du SNES de la Réunion, considère qu’il y a « urgence à engager la discussion avec la CGT » et pense que la FSU devrait devenir rapidement une « fédération au sein de la CGT ». Plus nombreux sont les intervenants qui ne souhaitent pas que le texte mentionne la CGT. Ils craignent « une démarche d’appareils », critiquent la position de la CGT qui « ignore Solidaires », ou les pratiques démocratiques de la CGT, et notamment son « refus du droit de tendances ». Ils ne souhaitent pas un « tête-à-tête avec la CGT » ni un « partenariat privilégié ».

« Il ne s’agit pas de demander à la FSU de se jeter dans les bras de la CGT, plaide Frédérique Rolet. Nous ne souhaitons pas la fusion mais la construction d’un syndicalisme rénové et unifié de transformation sociale et de lutte. Ne pas mentionner que la CGT est incontournable dans une telle perspective ôterait tout son sens à la démarche. » L’amendement visant à retirer du texte la référence à la CGT a été repoussé par les deux tiers des congressistes. Le congrès du SNES s’est également prononcé pour que la FSU engage un processus d’adhésion à la Confédération européenne des syndicats. C’est début 2010 que le congrès de la FSU devrait décider d’engager ces démarches. Il aura reçu du SNES des mandats clairs.

Olivier Mayer


Jeudi 2 avril 2009
- Par Snes Oise - Publié dans : Actualité - Mobilisation
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http://actu.fsu.fr/spip.php?article1850


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