Le projet de faire porter l’évaluation des enseignants sur les seules « épaules » du chef
d’établissement relève du grand n’importe quoi. La manière dont sont évalués les enseignants pour la note administrative le laisse supposer.
En théorie, elle porte sur la manière de l’enseignant de servir en tant que fonctionnaire. Le seul critère se voulant objectif est la note administrative chiffrée. Les autres composantes de la note, l’appréciation littérale et les paliers, ponctualité, activité et efficacité, ou encore autorité et rayonnement donnent lieu à une mention (Très bien, Bien, Assez bien, passable). Elles relèvent davantage de la subjectivité du chef d’établissement.
La grande majorité des enseignants a ses 0,5 point tous les ans jusqu'à la note de 39 (puis de 39 à 40 pts +0,1) et Très bien aux trois paliers. La plupart des contestations sur les notes chiffrées a lieu en collège. Au lycée, cela relève des cas particuliers. Si un enseignant n’a pas ses 0,5 point de note administrative, il doit s’adresser aux membres de son S1 pour obtenir la rectification de la note chiffrée après audience auprès du chef d’établissement.
Si le désaccord persiste, il doit saisir la CAPA de son corps où il sera défendu par les commissaires paritaires pour obtenir de la part du Recteur qui fixe valide la note ses 0,5 point. Si un enseignant n’a pas ses 0,5 point, il ne faut surtout pas laisser passer, en pensant que la note pédagogique compensera, c’est du temps perdu pour l’accès à la hors classe.
Il arrive également que l’enseignant, qui n’a pas une bonne relation avec le chef d’établissement, ait ses 0,5 point mais n’a pas ses très bien aux paliers, ou a une remarque désobligeante dans l’appréciation littérale. Il doit rencontrer le chef d’établissement pour demander des éclaircissements, nous lui recommandons vivement de se faire accompagner par un représentant syndical. Malheureusement, sur ce point, les recours sont inutiles. Notons au passage que les cas d’abus de pouvoir où le chef d’établissement utilise son pouvoir discrétionnaire avec l’appréciation littérale et les paliers pour « descendre » un enseignant sont rares. Mais, cela peut exister surtout, ces dernières années, où quelques chefs d’établissement on pu se comporter en « gestionnaire de plate-forme téléphonique. » Dans l’Académie d’Amiens, le SNES dispose d’un observatoire de l’autoritarisme des chefs d’établissement pour dénoncer de tels abus, il nous appartient de le renseigner.
Les entretiens professionnels entre chef d’établissement et enseignant peuvent donner lieu à des surprises dans les
justifications navrantes données par le chef d’établissement par rapport aux propres critères de l’ESEN (Ecole supérieure de l’Education nationale) : jugements de valeur sur les gens reposant sur
la seule subjectivité d’ « un petit chef » avide d’identifier les supposées faiblesses de son personnel, qui ont pu lui être rapportées, afin de mieux montrer son pouvoir. Tout
le problème est la, si le chef d’établissement est le seul à noter l’enseignant. Ses sources pour l’évaluer sont toujours de seconde main, ce que lui rapportent certains élèves, certains parents,
voire malheureusement certains collègues.... Il n’a pas accès au travail réel des enseignants dans la classe, n’ayant pas les compétences pédagogiques pour inspecter les enseignants dans toutes
les disciplines, même s’il est lui-même encore souvent issu des rangs des enseignants d’une discipline. Finalement, c’est l’engagement de l’enseignant dans l’établissement qui deviendra le
critère majeur d’évaluation : sa participation à des projets, son rôle d’animateur…Son travail en classe sera réduit à la portion congrue, ce qui dévaluera le sens de nos métiers.
Ecrire un commentaire

SnesOise


LA FSU-OISE VOUS INVITE A UN STAGE
SYNDICAL DEPARTEMENTAL
Commentaires